Selon une vieille légende alpine, boire de l’eau par-dessus une fondue ou une raclette expose l’imprudent à de graves déconvenues digestives. Nous voilà donc prévenus. Quoiqu’il en soit, qu’elle soit au vacherin, valaisanne, moitié-moitié, savoyarde ou au fromage de chèvre, la fondue est un plaisir qui ne peut être complet sans un vin adéquat. Bien accompagnées, fondues et raclettes sont de réelles bénédictions… et toujours de saison.
Du vin d’accord, mais lequel ? Rouge ? Blanc ? Fendant ? Si le fromage savoyard requiert davantage un vin rouge, la fondue valaisanne se délecte avec un vin blanc sec. Les charcuteries accompagnant le fromage sont évidemment à prendre en considération avant de faire son choix, afin de permettre à vos papilles surexposées aux salaisons d’ être capables de profiter du vin. Les possibilités d’accord sont alors multiples, et parfois surprenantes. Prenez notes de ces suggestions ou donnez-vous le temps de flâner sur nos pages, vos papilles vous diront merci. Comme votre estomac.
Vins blancs
Le fendant est un réflexe de base quand il s’agit de fondue et de raclette. Pourtant, si on furète du côtés des vin d’Arbois , des Côtes-du-Jura, de
Roussette-de-Savoie
- Altesse
- Cépage Altesse Sec 2005
Vin-de-Savoie
- Jacquère Tradition 2005 de Jean Perrier et Fils
- Chignin Bergeron 2006 du Domaine
Côtes du Jura
- Chardonney Bâtonné et Veilli en Barriques du Caveau des Jacobins
- Clos des Grives Savagnin 2001 du Clos des Grives
- Les Graviers 2005 de Stéphane Tissot
- Fruitière Viticole d’Arbois Chardonnay 2001
Fendant (tout de même)
- Fendants Denis Mercier
- Fin Bec 2006

Bien souvent, le vin rouge s’avère être le meilleur élément de combinaison. Il déjoue les notes aigües de poivre et sel du fromage et des charcuteries, et offre bien volontiers ses rondeurs et son acidité pour agrémenter le repas. On pensera en général au Vin-de-Savoie toujours, mais surtout au Beaujolais, Juliénas en tête et, particulièrement pour les raclettes, au Côtes-de-Brouilly. Quelques découvertes se sont révélées de surprenantes et somptueuses associations. On trouvera donc parmi ces outsiders un vin naturel d’Ardèche et la valeur montante du vignoble Suisse,
Juliénas
- Juliénas Traditionnel 2006 du Domaine du Capou
- Château de
Vin-de-Savoie
- Mondeuse Montueux 2005
- Mondeuse Prestige des Arpents 2005 du Domaine Charles Trosset
Côtes-de-Brouilly
- Domaine Baron de l’Ecluse
- Château de Briante les Muses 2005
Outsiders
- Dôle des Monts 2006 Par Robert Gillard
Digestion
Attention. On ne vous apprendra rien si on vous dit que le fromage fondu est un peu lourd à digérer. On vous a déjà prévenu des méfaits de l’eau, ça c’est fait. Pour accompagner le repas ou bien le digérer, on conseillera une tisane de verveine, ou un thé. Côté digestifs alcoolisés, la liqueur de verveine soulagera grandement les estomacs encombrés. Ceux parmi les plus téméraires qui décident de poursuivre dans le monde du vin s’égayeront avec un liqueur de vin du Jura, le Macvin :
- Macvin Ligier Père et fils
- Les Larmes des Abbesses
Trempez le pain, raclez les religieuses, croquez les cornichons et bon appétit.
Notre deuxième étape provençale nous emmène non loin des rives du Rhône Méridional, entre Vaucluse et Alpes de Hautes Provence. Surplombant les vignobles, gardien d’un terroir ancestral, le Mont Ventoux règne en bon père de famille sur une terre gorgée de Gigondas, Vacqueyras, Châteauneuf-du-Pape, Côtes-du-Ventoux et Côtes-du-Lubéron.

Aux pieds du Géant de Provence, de Vaison la Romaine à Apt en passant par les dentelles de Montmirail, les forêts du Lubéron, Carpentras, Gordes et Roussillon, plusieurs circuits offrent la possibilité de découvrir les vignobles, tout en profitant des attraits incontestables de la région.
Vaison la Romaine et Beaumes de Venise
Depuis les flancs du Mont Ventoux jusqu’aux Dentelles de Montmirail, des vues à couper le souffle. L’antique berceau de la vigne et de l’olivier offre vestiges romains et villages perchés, que relient de bien agréables routes buissonnières bordées de chapelles et de châteaux.
Domaines
Domaine du Champ-Long, Le Mas de Flauzières, Domaine de la Pigeade, Domaine Bouletin, Xavier Vignon, Domaine de la Bouissière, Maison Arnoux et Fils
Se loger
Chez Christiane et Georges Moulin
Gîte les Syrah
La Calade
Mas des Abeilles
Du Mont Ventoux à Carpentras
Ici, le Géant de Provence a les pieds plongés dans une mer de vigne. On n’appelle pas cette région le Piémont du Ventoux pour rien: les regards se perdent dans l’lignement des cépages et le long des sentiers vignerons ancestraux. Les producteurs œuvrent à la reconnaissance de leur savoir faire, dont le fruit est un vin aromatique et gorgé de soleil.
Domaines
Cave saint Marc, Clos des Patris, Domaine Chaumard, Domaine de Marotte, Les Hauts de Bacchus
Se loger
Au mas de Bonnety
La Pastourale
Domaine de Marotte

De Carpentras au plateau de Sault
Toute l’aridité provençale semble ici concentrée et offre un contraste saisissant avec les précédents paysages, plus luxuriants. La succession de plateaux et de collines où pointent quelques belvédères ne constitue pas moins un spectacle grandiose aux yeux du visiteur.
Domaines
Domaine le Grand Vallat, Château Unang, La Ferme Saint Pierre, Château Tour des Genêts, Les vignerons de Canteperdrix, Domaine de Fondrèche
Se Loger
Le Tamaris
Le Mas des Palmiers
Domaine de la Grange Neuve
Gordes – Roussillon - Apt
Reliant Gordes au « petit Colorado » de Roussillon et de Rustrel, les Monts de Vaucluse, qui flirtent avec le Lubéron tout proche, exigent une étape un peu plus longue, mais toujours à l’abri des flux estivaux. Ici, les minéraux, roches ou terre, sont des joyaux, et les sens succombent au charme du pittoresque. Les férus d’histoire apprécieront l’Abbaye de Sénanque, en contrebas de Gordes, et l’église romane de St Pantaléon, tandis que les adeptes du farniente se prélasseront sur les terrasses ombragées d’un village au nom plutôt engageant : Viens.
Domaines
Domaine des Cancelades , Château de l’Isolette , Domaine de Mayol , Domaine de Tara , Domaine de Lauvières
Se loger
La Bergerie du Lubéron
La Partide
Relais de Roquefure
Le Logis
La Voie Lactée

Ingrédients
Une laitue romaine, un fenouil émincé en très fines lamelles, une dizaine de tomates cerises coupées en 4, un kiwi coupé en petits cubes, un avocat très mûr coupé en petits dés, les oignons jeunes d’une botte coupés en fines rondelles, des germes de luzerne, sel, poivre, huile d’argan.
Vinaigrette : Du vinaigre de vin rouge, quelques feuilles de laurier, un peu d’estragon, des graines de poivre noir et de coriandre, quelques baies de genévrier et 3 gousses d’ail entières.
Recette
Mélangez le vinaigre de vin rouge avec le laurier, l’estragon, les graines de poivre et de coriandre, les baies de genévrier et l’ail. Laissez infuser quelques heures.
Coupez les feuilles de la salade et les mettre dans un grand saladier. Ajoutez les morceaux d’avocats, le fenouil, les tomates cerises, les oignons jeunes, les cubes de kiwi et les germes de luzerne.
Assaisonnez avec un peu du vinaigre infusé, un peu d’huile d’argan, sel et poivre.
Accompagnez avec une baguette de pain multi-céréales, du beurre, du fromage de brebis ou de chèvre. Présentez avec une petite tasse de fleur de sel d’Algarve.
Conseil
Vous pouvez évidemment conserver votre vinaigrette pour assaisonner vos prochaines salades.
Accord vins-mets
Organiser une escapade dans les vignobles est devenu un jeu d’enfant. Suite à un accord avec TopRural, Vinogusto référence plus de 12.000 gîtes et chambres d’hôtes dans les vignobles d’Europe. Choisissez les domaines à visiter et consultez les suggestions d’adresses sympathiques où passer la nuit ou encore séjourner plus longtemps, en toute tranquillité.
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« Il n’y a pas de Provence. Qui l’aime aime le monde ou n’aime rien » En disant cela, Jean Giono résume la complexité qu’il y a à vouloir cerner la Provence, lui soumettre une étiquette géographique précise, et exprime la passion qui se dégage de son histoire, de son terroir et de ceux qui le font vivre.

La Provence se couche de part et d’autre du Rhône méridional, pour aller se baigner aux côtes de la Méditerranée et s’appuyer sur les flancs des Alpes qui jouxtent l’Italie. Pays aussi généreux qu’insaisissable, où les limites géographiques, floues, chevauchent allègrement les délimitations des vignobles et leurs appellations. Ainsi, la culture viticole provençale épouse une partie des vins de la Vallée du Rhône (Côtes du Ventoux, Gigondas, Côtes du Lubéron…), distincte du vignoble de Provence stricto sensu. Faisons donc étape -ce qui nous permettra en outre de prolonger le plaisir de la découverte en la multipliant par deux- et penchons-nous en premier lieu sur le vignoble provençal dans ses appellations classiques : Côteaux d’Aix-en-Provence, Côteaux varois, Côtes-de-Provence, Bandol, Cassis.
Terroir et gastronomie
Toutes ces AOC sont l’expression d’un terroir aux facettes multiples, qui fleurit du sud d’Avignon à la pointe des Alpes Maritimes. Terre de soleil, auréolée d’une imagerie constellée de cigales, de lavandin, de partie de belote, la Provence semble conserver toute sa chaleur lors des saisons d’automne et de printemps, que l’on conseillera vivement de choisir pour découvrir en toute quiétude des vignobles gorgés de touristes en été.
Doit-on vous en convaincre? La gastronomie provençale est une pure merveille, où se côtoient classiques absolus et plats méconnus, à redécouvrir sans cesse pour leurs saveurs herbacées et leurs préparations riantes : bouillabaisse, ratatouille, aïoli, salade niçoise, mais aussi anchoïades, tians d’agneau ou de poisson, daube de bœuf, beignets de fleur de courgette, tapenade, soupe au pistou, pieds paquets… En période de chasse, sanglier, bécasses, grives et lièvres viennent honorer bien des tables.

Visiter les vignobles
L’accueil est sans doute une des vertus provençales qui s’expriment le mieux hors des moments d’affluence… on aime y prendre le temps, gratter l’écorce rugueuse des contacts estivaux trop furtifs pour aller à la rencontre de l’autre et lui faire partager ses passions. On n’ira pas jusqu’à vous révéler LE coin à champignons (tout au plus un endroit pour vous distraire en grappillant, ravi, quelques poignées de chanterelles), mais la générosité du partage, la chaleur de la parole constituent déjà de biens beaux présents.
Coteaux varois
Une appellation au nord de Toulon qui date de 1993. Encore en plein développement, elle cohabite avec une tradition de coopératives et de vins de pays varois qui valent certainement leur petit détour.
Les Caves du Commandeur: coopérative de Montfort-sur-Agens où le vin de pays varois prend ses lettres de noblesse.
Coopérative Le Cellier de Saint-Louis
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La Dryade
Les Adrets
Côtes-de-Provence
La zone géographique de cette appellation qui s’étend de Trets à Saint-Raphaël, est coupée en deux par les côteaux varois, laissant la place à deux appellations régionales : Les côtes-de-Provence Sainte-Victoire au nord-est de Marseille et les côtes-de-Provence Fréjus, à l’est. Nous sommes ici au cœur du vignoble provençal traditionnel, entre Bouches du Rhône, Var et Alpes Maritimes, où le vin rosé, héritier des jadis fameux «friands vins de clérets de la Provence» selon l’expression de Mme de Sévigné, règne en quasi maître (60 % de la production) :
Domaine Saint-André de Figuière
Château du Galoupet Saint-Nicolas : là, le rouge n’est pas en reste, comme en témoigne fièrement son cru classé 2005.
Château de Berne : à Lorgnes, une adresse certainement à surveiller de près ces prochaines années.
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La Cabane d’Esteban
La Cagnardette
Les Cigales

Coteaux d’Aix en Provence
Obtenue en 1984, l’AOC rend hommage aux efforts déployés par les vignerons de cette région pour mettre en valeur un terroir enraciné dans une tradition ancestrale qui n’a pas encore dévoilé toutes ces merveilles aux papilles du monde. A tenter : La route des vins.
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Les Lauriers Roses
Bandol
AOC depuis 1941, le Bandol est ancré dans la longue tradition phocéenne, qui plonge au cœur du 5e siècle avant notre ère. Ce cru à base de Mourvèdre a littéralement traversé l’histoire pour offrir son alliage de puissance et d’onctuosité. Pour ne rien gâcher, les vignes sont idéalement situées dans des décors de rêve à deux pas de la Méditerranée. Si vous y séjourner début décembre, ne pas louper la Fête du Millésime.
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Les Vignes de Terrisse
Villa Thocha
Lou Pero Mousco
Cassis
C’est la plus vieille appellation de Provence (1936). Rien que le nom est en soi un voyage visuel et gustatif, dont la puissance d’évocation n’a d’égal que la renommée de ses blancs secs et ronds aux notes florales.
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Villa des Fleurs
Gîte Le Julot

Ami belges ou de passage dans nos régions, poussez la porte d’Espacevin Pirard à Genappe, à 20 minutes de Bruxelles, découvrez une belle sélection de vins provençaux et profitez des conseils avisés, toujours offerts avec le sourire en prime, peuchère.
Auteur du blog Vinsurvin, Fabrice Le Glatin organise tous les mois à Paris des rencontres conviviales et en toute simplicité afin de prendre le temps de partager et faire découvrir à des petits groupes de lecteurs les vins et les vignerons dont il parle sur ses pages. Alors que la troisième édition de ces Tupperwine vient de s’achever, Fabrice nous parle d’une idée aussi simple que belle qu’on serait bien inspiré d’étendre au delà de Paris, pour prolonger les rencontres et les délicieuses surprises.

Comment avez-vous commencé les soirées Tupperwine? Dans quel but?
L’idée est née lorsque des lecteurs m’ont demandé où pouvoir déguster les vins dont je disais le plus grand bien sur VINSURVIN. Je suis donc entré en contact avec quelques vignerons que je connaissais en leur demandant des échantillons, et j’ai fait le tour des cavistes de mon quartier. Lorsque j’ai eu assez de vin et quelques lieux pour organiser mes premières dégustations, j’ai lancé l’idée sur VINSURVIN, et ça a pris immédiatement!
Le but est de faire découvrir des cépages, des vins, des vignerons, des régions de France à de simples amateurs, qui n’ont pas forcément la chance ou le temps de participer à des dégustations et d’accéder à ces types de vin, dans la vie de tous les jours. Faire comprendre au plus de gens possible que le vin n’est pas affaire de pro et passer un excellent moment sont aussi des objectifs!
Comment ça fonctionne?
Sur VINSURVIN, une semaine environ avant le jour J, je donne aux lecteurs désireux de participer aux Tupperwine une tâche à accomplir : un court poème sur le vin, une photo, un quiz… les premiers vainqueurs (enfin, inscrits!), gagnent leur invitation.
Qui participe?
Les lecteurs de VINSURVIN. On trouve des gens d’horizons divers et beaucoup de jeunes. Ce qui est très important pour moi, d’ailleurs.

Combien de personnes sont conviées?
Vingt personnes est un grand maximum. Il faut garder une certaine intimité afin que l’on puisse recueillir les impressions de tout le monde et que personne ne se sente un peu isolé.
Comment participer en tant que caviste ?
En me disant “je suis d’accord” lorsque je lui rends visite ou en me contactant.
Faut-il être un expert pour y participer?
Absolument pas! Bien au contraire! Il faut aimer le vin, sans a priori. Et être curieux!
Y-a-t-il des désaccords qui se dégagent des notes de dégustation ou des discussions?
Oui, et ça c’est super! Hier, certains ont apprécié un St Nicolas de Bourgeuil 2004, que personnellement je n’ai pas aimé. Certains voient des vins corsés quand d’autres les voient fruités! Etc… Chacun respecte et se nourrit du commentaire de l’autre.
Certaines dégustations se font chez des particuliers?
Effectivement, c’était le cas hier soir, pour la première fois. Un très bon acceuil chez des jeunes de 25 ans qui avaient invité des amies du même âge. Elles ne verront plus le vin de la même façon à présent!
Une délocalisation temporaire est-elle envisageable (chez un vigneron, ou un caviste hors de Paris le temps d’un week end)?
Ce serait super! Il faut voir dans quelles conditions. Mais Tupperwine n’est pas parisianiste, bien au contraire!

Un souvenir particulièrement agréable?
Le 1er chez ce premier caviste m’ayant dit oui, j’étais aux anges! Aux Abbesses, en plein coeur de Montmartre! On était 8. On a fini au resto!
La 2ème à l’Hardi Vin (photo) avec Daniel-Etienne Defaix, grand vigneron de Chablis, restera longtemps gravée dans ma mémoire (et celle des convives) : une verticale de Chablis Les Lys 1er Cru de 2000 à 1981… Fantastique!
Initié par Laurent Foubert depuis sa jolie cave parisienne Chez Pantagruel et relayé par son site Vinorazzia, le Projet Noé vise la reconnaissance de l’identité culturelle et gustative des vignobles, français ou étrangers. Il s’est donné un objectif audacieux : faire inscrire par l’Unesco les vignobles au patrimoine immatériel de l’Humanité.

L’auteur de cet appel, ainsi que les signataires, entendent sensibiliser vignerons, professionnels et passionnés du vin du goût afin de “défendre cette entité culturelle, naturelle et gustative unique qu’est l’AOC“. Il s’agit ici de préserver les pratiques culturales, les savoirs faire, les paysages et le terroirs d’une évolution du grand marché du vin qui, pour répondre à la crise que vivrait le vin français, tend à vider de leur substance les appellations et le terroir dans lequel elles plongent leurs racines, et menace l’intégrité de ce patrimoine culturel.
L’initiative se base sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel du 17 octobre 2003, entérinée en 2006. Le Patrimoine immatériel y est défini comme “creuset de la diversité culturelle et garant du développement durable, patrimoine culturel transmis de générations en générations, recréé en permanence par les communautés et les groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de l’histoire, et leur procure un sentiment d’identité et de continuité“.
Histoire, mémoire collective, pratiques sociales ritualisées et festives, patrimoine, connaissance d’un terroir et savoir-faire locaux transmis de génération en génération : c’est tout à fait naturellement que les AOC se situent au carrefour de ces notions. “Au-delà du simple paysage, l’homme est intervenu au sein de la nature et du vivant pour en faire un véritable patrimoine, par l’intermédiaire de la vigne. C’est de ce patrimoine que les AOC tiennent leur légitimité et leur raison d’être“, affirme l’auteur du projet dans son communiqué.
Concrètement, l’inscription au patrimoine immatériel de l’Humanité vise, à l’aide d’une batterie de mesures (Protection, promotion, information, campagne de sensibilisation auprès du grand public, programmes de recherche et de formation des acteurs) à protéger les AOC et leurs vignobles de certaines pratiques liée à l’industrialisation de la filière : l’utilisation du cépage plutôt que de l’appellation comme identifiant unique, les traitements chimiques, l’abandon de terrains considérés comme inadaptés aux méthodes d’exploitation industrielle, la perte des savoirs faire, qui génèrent in fine la dissolution des relations humaines inhérentes au travail du vigneron et aux délices du dégustateur. Les conséquences font frémir : négation du rôle du terroir, menace portée à la diversité via la disparition des cépages locaux, des savoirs faire traditionnels, des entités culturelles enracinées dans la relation vin-terroir-hommes, perte incontestable du plaisir.
L’ inscription au patrimoine immatériel, permettrait de sensiliser l’opinion quant aux moyens donnés à la sauvegarde du patrimoine viticole et des comportements sociaux positifs (transmission, convivialité, diversité, plaisir,…) qu’il implique, en mettant en avant l’idée d’économie éthique, de développement durable, de valorisation et de respect des cultures.
Une initiative qui tente de rétablir autour du vin et de son identité une pédagogie et une information (plus qu’un discours) ainsi que des actions qui respectent non seulement sa diversité, mais aussi et surtout, le plaisir de l’amateur, du passionné, du dégustateur, voilà en ce début d’année une solide matière à méditer, pour se conscientiser, modifier ou affirmer ses habitudes, ou encore s’engager.
Plusieurs instances, personnalités, domaines, vignerons, et non des moindres, ont porté leur soutien à ce projet : Benoit Tarlant (Champagne), Jacques Selosse (Champagne), Xavier Gonet (Champagne), Daniel-Etienne Defaix (Châblis), Abbaye de Valmagne (Languedoc), Domaine Bunan (Bandol), etc.
Retrouvez la plupart de ces signataires dans les minireportages vidéos réalisés par Laurent Voubert lors de ses rencontre avec les vignerons. Epatants.
Si les vins du Jura représentent une petite partie de la production viticole française, ses crus et appellations ne manquent certainement pas de qualités : diversité, caractère, richesse et typicité des cépages : autant d’arguments imparables pour attirer les fines bouches et séduire les papilles. La région, bordée de falaises calcaires et irriguée par de nombreux torrents et ruisseaux, regorge d’adresses accueillantes et propices à la découverte, aux réjouissances et à la détente.

Un terroir millénaire
Jura signifie en Celte “forêt sauvage”. Le vignoble jurassien, que l’on fait remonter à cet ère pré-gauloise, est parmi les plus typiques et les plus originaux de France, bien que le plus petit par la taille. Alliant l’excellence dans les pratiques culturales et l’audace dans les assemblages, les vins du Jura sont les ambassadeurs d’une gastronomie franc-comtoise dont l’évocation provoque un regain d’humidité aux commissures des lèvres : truite au bleu ou au vin jaune, poularde aux morilles, coq au vin jaune, poulet à la Cancoillotte, saucisse de Morteau, ainsi que les fromages comté, Mont d’Or, Cancoillotte, tous de fort recommandables candidats à la fondue.
Le paysage jurassien est lui aussi étonnant : de larges étendues de verdures et de fôrets flanquées de reliefs escarpés. Il offre par ailleur de bien belles surprises aux amoureux d’Histoire, de ballades et de contemplations buccoliques. A cet égard, la fameuse Route des Vins du Jura propose de vrais et sublimes parcours à la rencontre des terroirs et des savoir-faire jurassiens. Avec la possibilité pour les arpenteurs de terroirs de s’offrir de belles randonnées gourmandes, tours des vignes et plein d’animation, dont un pique nique vigneron, annoncé le 10 juin 2008.
Quand le vin jaune perce
Six AOC règnent sur un vignoble jurassien de 18000 ha : Arbois, Château-Chalon, L’Etoile, Côtes du Jura, Crémant du Jura (pétillant) et Macvin du Jura (mistelle, un vin de liqueur).
Deux crus notables viennent apporter leur luminosité à une palette déjà bien riche. Le précieux vin de paille, liquoreux, est issu d’une tradition et d’un savoir faire minutieux ainsi qu’en témoigne le Caveau des Jacobins 2002. Le vin jaune, également doux mais d’une superbe fraîcheur, récolte de plus en plus d’adeptes. Le succès rencontré depuis quelques années par le vin jaune a apporté un sérieux coup de projecteur sur l’ensemble de la région. Cet engouement, qu’il inspire enthousiasme ou scepticisme, s’exprime chaque année avec davantage de ferveur lors du grand raout célébrant « l’or du Jura » : La percée du vin Jaune.
Quelques bouteilles de vin jaune à convoiter : Domaine Ligier 1999, Caveau de Bacchus 1998, Caveau des Jacobins Côtes du Jura 1998 , Arbois 1996 de Jean Louis Tissot.
Les Domaines
Les vignerons à épingler dans son carnet de route lors des vacances ou d’un séjour sur mesure :
- Lucien Aviet et Fils ‘Caveau de Bacchus’
Les cavistes et bars à vins
Pour découvrir tout le caractère, la générosité et la diversité des crus jurassiens, en toute quiétudede nombreux cavistes vous accueilleront à bras ouverts. Parmi eux :
Les Jardins de Saint Vincent : probablement le caviste le pus réputé d’Arbois.
Au Bon Echanson : une carte limpide et bien fournie, à Pontarlier.
L’hébergement
Pour se requinquer entre deux étapes, nous avons sélectionnés deux endroits qui rivalisent de raffinement et rendront votre séjour délicieux:
A l’Ombre du Château : un cadre splendide, un feu ouvert propice à toutes les contemplations.
Le Moulin de la Ferté : dans un écrin de verdure à 10 km d’Arbois, une étape idyllique.

Si vous planifiez votre séjour depuis la Belgique, il n’est pas interdit, et même plutôt franchement conseillé, de s’offrir un avant goût des richesses offertes par le vignoble jurassien. A Bruxelles, le caviste Ploussard et Naturé est le spécialiste incontournable de la question.
Quelques liens utiles :
- Vins du Jura : site officiel du vignoble jurassien
- Les routes du Comté : sur les routes du terroir jurassien et de sa gastronomie
- Le blog d’Olif : ou le parcours gustatif du terroiriste jurassique. Un palais sûr, des papilles sur le qui vive et une plume des plus alertes. Une mine de bons plans et de recommandations… et quelques coups de sang.

