À un jet de bouchon de la place du Châtelain, à Ixelles, Laurence Lardot et Grégory Castreuil ont créé Oeno Tk, à la fois cave et bar à vins. Un lieu simple et raffiné dont la décoration sobre, composée de matières brutes égayées par des lumières chatoyantes disposées parcimonieusement, sert a mettre en valeur le vin, et rien que le vin - les petites faims sont cependant ménagées par un belle proposition d’accompagnements, charcuteries et fromages du sud ouest de
Laurence Lardot nous reçoit d’entrée avec un Madiran Pierre Laplace 2004. Touché. Ne manque plus que le chocolat. Cette historienne de l’art et antiquaire de formation a entamé il y a quelques années une reconversion vers les plaisirs du vins, qui s’est matérialisée dans un premier temps par des cours d’œnologie, sa véritable passion.
J’avais envie d’ouvrir un endroit comme celui-ci car je suis une passionnée du vin. Je trouvais qu’il manquait à Bruxelles un lieu où il était possible de boire un verre de vin sans forcément devoir manger. Il y a très peu de véritables bar à vins en ville, ce sont plutôt des restos / oenothèque / bar à vins où on pratique une multiplication du prix de la bouteille. Ici, on achète son vin, mais nous vous invitons aussi à le déguster sur place, au prix de vente plus un droit de bouchon de 6 €. En réalité, nous sommes surtout cavistes, mais pas toujours reconnu comme tels, car notre clientèle s’attarde volontiers pour déguster sur place. Nous ouvrons aussi les bouteilles pour orienter le client. Si la bouteille achetée n’est pas terminée, on peut le reprendre chez soi. Pourquoi le quartier du Châtelain ? La clientèle est très différente, variée, il y a un vrai brassage, c’est très ouvert. J’ai eu un coup de cœur pour l’immeuble, sa situation, son ensemble de pierres bleues et sa cave voûtée. Le propriétaire était hésitant au départ, puis il a été très intrigué par mon envie de créer un endroit autour du vin. Et nous voilà.
Quelle est la philosophie derrière votre lieu ? Comment y déguste-t-on le vin ?
Nous proposons des dégustations le jeudi soir chacune avec un thème propre. Certains jeudis, on peut venir avec une bouteille issue de sa propre cave et la faire partager, contre un droit de bouchon. Il nous est arrivé du coup de déguster de vieux champagne, c’était formidable. C’est exactement ce genre de convivialité que nous recherchons. Nous avons envie de désacraliser la découverte du vin, la dégager du carcan du vocabulaire, de la terminologie, et rendre la dégustation accessible à tous et encourager à partager les émotions avec des mots simples, mais justes. L’idée est centrée autour du partage : c’est pourquoi nous travaillons avec une carte de suggestions qui évolue tout le temps : les valeurs sures, les vins à découvrir. On trouve aussi des vins demandés par la clientèle et des « one shots », des vins que l’on essaie une fois. Tout tourne autour de la découverte et de l’évolution des goûts de chacun en fonction de ses expériences, des recommandations. En ce qui me concerne, mes goûts ont changé et évolué. Par exemple, j’ai découvert un Pinotage d’Afrique du Sud, un croisement d’Hermitage et de Pinot noir, qui avait un nez très prononcé de chocolat et de café torréfié. Au départ, très difficile à apprécier pour moi. Après l’avoir apprivoisé, j’ai finalement adhéré totalement.
50% de nos vins viennent de France, 30% d’Europe hors France et 20% du Nouveau Monde. Je n’achète jamais un vin que je n’ai pas goûté au préalable. Nous travaillons avec des importateurs, avec qui je vais très souvent rencontrer les vignerons en France. Certains nous rendent visite ici, ce qui est très agréable : on déguste ensemble. Les relations se développent, s’enrichissent vite. Nous avons une chouette clientèle très diversifiée : beaucoup d’expatriés ou des personnes de
Quelques recommandations?
Champagne Franck Bonville Grand Cru 2000. Un champagne exceptionnel, 100% Chardonnay, ce qui lui donne beaucoup de finesse. Il est très vineux, mais léger et il offre beaucoup de bulles.
Domaine Boucabeille Rivesaltes Ambré 2004. Issu du Domaine de Boucabeille, un nom à recommander en Côtes de Roussillon. Tout à fait surprenant, il s’apprivoise, s’apprécie pour sa complexité, mais certains lui trouvent un charme immédiat. A découvrir!
Domaine Boucabeille Monte Nero 2002. Toujours le Domaine de Boucabeille, qui réussit une superbe combinaison de Syrah, de Mourvedre et de Grenache.
Teofilo Reyez Tamiz 2005. Un Ribera del Duero 100% Tempranillo. Il est conservé 8 mois en fût de chêne. Il montre une belle structure, des tannins fondus si fins qu’on dirait de la soie sur la langue. Ce qui laisse tout le loisir à la framboise de ressortir très fort.
Edoardo Miroglio Pinot Noir 2005. Un magnifique Pinot Noir bulgare, de la Vallée des Thraces, là où on trouve les meilleurs vins du pays. Avec ses accents de fraise, de cerise, d’épices, sa couleur rubis clair, il est tout simplement magique.
Les pays anglo-saxons sont, depuis longtemps déjà, adeptes du “byo”. Gné? Kessidi “byo”?
“Byo”, c’est pour” Bring Your Own”, “apporter son vin”. Une vraie coutume diy (”do it yourself”) qui permet au client, lors de sa venue au restaurant, d’amener sa propre bouteille. Le patron, lui, peut demander en retour un forfait somme toute modique, appelé “droit de bouchon”. De plus en plus de lieux proposent cette alternative qui peut devenir une belle occasion de partage et de découvertes, pour peu qu’on respecte quelques principes de convivialité. Petit tour d’horizon.

Vérifiez que le vin que vous désirez emmener s’harmonise avec la cuisine proposée dans le restaurant. Un petit coup d’oeil sur les accords mets-vins ne sera pas superflu si vous avez un doute.
Signalez à l’avance au patron, par exemple lorsque vous réservez votre table, que vous arriverez accompagné de la dive bouteille. N’hésitez pas à lui préciser de quel vin il s’agit. Il pourra ainsi vous suggérez un plat qui s’harmonisera à merveille avec votre nectar. Il s’agit là d’un échange de courtoisie et de bon procédé, car rien ne ravira plus votre hôte que de vous voir comblé, en train de déguster à sa table un vin qu’il ne peut proposer sur sa carte! Bien souvent, c’est l’occasion rêvée pour taper le bout de gras avec lui ou le sommelier.
Généralement, un droit de bouchon vous sera demandé. Il s’agit d’un forfait de 8 eur en moyenne (par bouteille de 75cl) qui permet au restaurateur de vous assurer un service de qualité (verres, personnel). Au delà de 15 eur, ça commence à sentir un peu trop le bouchon. Plusieurs formules attrayantes sont possibles : certains restaurants ne vous proposeront ce service qu’un jour par semaine, parfois sans même demander de droit de bouchon. Raison de plus pour prendre vos renseignements à l’avance.
Laissez-vous allez au confort et à la découverte, en toute convivialité, auprès de ces quelques adresses que nous avons sélectionnées.
Bruxelles
Le Doux Wazoo. Un bel écrin de convivialité situé à Ixelles. On y apporte son vin le mardi, sans droit de bouchon.
Le Max. Cette enclave de Méditerrannée au coeur de Schaerbeek abrite une cuisine sarde fine et originale.
La Cave à Jules. A Nivelles, Fredo, sommelier bordelais a ouvert cette cave à vin qui est aussi un resto. Vous pouvez achetez votre vin à emporter ou le déguster sur place, contre un droit de bouchon.
Les Trois P’tits Bouchons. Une cuisine atypique, entre terroir traditionnel et touche perso au coeur de Charleroi, “le plus beau coin de terre” si on en croit la chanson.
Le Verre d’Eau. Maître cuisinier, Jean-Pierre Fleuvy attire depuis 10 ans sur les terres de Plançenoit une clientèle séduite par sa cuisine raffinée à la qualité jamais démentie.
Flandres
De Kwizien. Elégance et cuisine de saison pour cette enseigne sise à Hasselt, qui se place davantage dans le haut de gamme.
Invincible. Anvers tient le haut du pavé en matière de style et de savoir vivre. Illustration ici avec ce resto alliant sobriété et classe.
Eatcetera. Dans un cadre design et intime, une cuisine belge moderne et avenante en direct de Malines. Essayez le coucou!
Bien d’autres restaurant réserveront un accueil de choix à vous et à votre vin de prédilection. Découvrez les sans attendre.
Envie de sortir une bonne bouteille de la cave mais pas envie de cuisiner ? Déjà trois initiatives bruxelloises qui vous permettent d’amener votre vin au restaurant un jour de la semaine, et cela, sans payer de droit de bouchon.
Le lundi à L’Arrosoir à Auderghem :
http://www.vinogusto.com/fr/adresse/13197/restaurant_brasserie_l_arrosoir/
Le mardi au Doux Wazoo à Ixelles :
http://www.vinogusto.com/fr/adresse/10783/restaurant_le_doux_wazoo/
Le mercredi au Diable Vauvert à Auderghem :
http://www.vinogusto.com/fr/adresse/10374/restaurant_le_diable_vauvert/
Si vous en connaissez d’autres, merci de partager ces bonnes nouvelles sur www.vinogusto.com …

