Initié par Laurent Foubert depuis sa jolie cave parisienne Chez Pantagruel et relayé par son site Vinorazzia, le Projet Noé vise la reconnaissance de l’identité culturelle et gustative des vignobles, français ou étrangers. Il s’est donné un objectif audacieux : faire inscrire par l’Unesco les vignobles au patrimoine immatériel de l’Humanité.

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L’auteur de cet appel, ainsi que les signataires, entendent sensibiliser vignerons, professionnels et passionnés du vin du goût afin de “défendre cette entité culturelle, naturelle et gustative unique qu’est l’AOC“. Il s’agit ici de préserver les pratiques culturales, les savoirs faire, les paysages et le terroirs d’une évolution du grand marché du vin qui, pour répondre à la crise que vivrait le vin français, tend à vider de leur substance les appellations et le terroir dans lequel elles plongent leurs racines, et menace l’intégrité de ce patrimoine culturel.

L’initiative se base sur la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel du 17 octobre 2003, entérinée en 2006. Le Patrimoine immatériel y est défini comme creuset de la diversité culturelle et garant du développement durable, patrimoine culturel transmis de générations en générations, recréé en permanence par les communautés et les groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de l’histoire, et leur procure un sentiment d’identité et de continuité“.

Histoire, mémoire collective, pratiques sociales ritualisées et festives, patrimoine, connaissance d’un terroir et savoir-faire locaux transmis de génération en génération : c’est tout à fait naturellement que les AOC se situent au carrefour de ces notions. “Au-delà du simple paysage, l’homme est intervenu au sein de la nature et du vivant pour en faire un véritable patrimoine, par l’intermédiaire de la vigne. C’est de ce patrimoine que les AOC tiennent leur légitimité et leur raison d’être“, affirme l’auteur du projet dans son communiqué.

Concrètement, l’inscription au patrimoine immatériel de l’Humanité vise, à l’aide d’une batterie de mesures (Protection, promotion, information, campagne de sensibilisation auprès du grand public, programmes de recherche et de formation des acteurs) à protéger les AOC et leurs vignobles de certaines pratiques liée à l’industrialisation de la filière : l’utilisation du cépage plutôt que de l’appellation comme identifiant unique, les traitements chimiques, l’abandon de terrains considérés comme inadaptés aux méthodes d’exploitation industrielle, la perte des savoirs faire, qui génèrent in fine la dissolution des relations humaines inhérentes au travail du vigneron et aux délices du dégustateur. Les conséquences font frémir : négation du rôle du terroir, menace portée à la diversité via la disparition des cépages locaux, des savoirs faire traditionnels, des entités culturelles enracinées dans la relation vin-terroir-hommes, perte incontestable du plaisir.

L’ inscription au patrimoine immatériel, permettrait de sensiliser l’opinion quant aux moyens donnés à la sauvegarde du patrimoine viticole et des comportements sociaux positifs (transmission, convivialité, diversité, plaisir,…) qu’il implique, en mettant en avant l’idée d’économie éthique, de développement durable, de valorisation et de respect des cultures.

Une initiative qui tente de rétablir autour du vin et de son identité une pédagogie et une information (plus qu’un discours) ainsi que des actions qui respectent non seulement sa diversité, mais aussi et surtout, le plaisir de l’amateur, du passionné, du dégustateur, voilà en ce début d’année une solide matière à méditer, pour se conscientiser, modifier ou affirmer ses habitudes, ou encore s’engager.

 

Plusieurs instances, personnalités, domaines, vignerons, et non des moindres, ont porté leur soutien à ce projet : Benoit Tarlant (Champagne), Jacques Selosse (Champagne), Xavier Gonet (Champagne), Daniel-Etienne Defaix (Châblis), Abbaye de Valmagne (Languedoc), Domaine Bunan (Bandol), etc.

Retrouvez la plupart de ces signataires dans les minireportages vidéos réalisés par Laurent Voubert lors de ses rencontre avec les vignerons. Epatants.

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