Les Bordeaux 2007 dégustés en primeur
479 vins commentés, classés par ordre alphabétique
Résultats:
- Aucun vin exceptionnel noté entre 18,5 et 20
- 53 vins excellents notés entre 16,5 et 18,25
- 181 très bons vins notés entre 15,25 et 16,25
- 224 bons vins notés entre 14 et 15
- 21 vins laissant un goût d’insatisfaction, notés en dessous de 14
Extraits du Carnet 55 : Les bordeaux 2007 en primeur:
« Le millésime est moyen et très hétérogène. Il existe des réussites de crus
plus que d’appellations. Dans pareilles circonstances, il convient de regarder
chaque vin au cas par cas et d’être très sélectif. Je me suis appliqué à vous
indiquer les vins à la maturité douteuse (notes vertes au nez induisant souvent
une fin de bouche étriquée). Ceux-là n’évolueront pas bien.
Au cours des dégustations, j’ai souvent pensé au millésime 1993 (aspect
coulant et fluide), aux 1997 (manque de richesse en milieu de bouche), ou
encore aux 2001 (Bonne corpulence, aspect tendre, fondu et très aromatique).
Sachez aussi qu’il existera des 2007 supérieurs aux 2006. Cette variété de
perception complique la synthèse. Il faudra le temps de l’élevage pour
parvenir à des perceptions plus précises et plus définitives.
Pour l’instant, les Bordeaux rouges 2007 apparaissent comme des vins de
soif, de moyenne garde, à la note plaisir forte. Ce dernier point est nouveau.
Que peut-on imaginer lorsque l’été n’est pas réussi à Bordeaux ? A coup sûr
des vins verts au nez et rudes en bouche. Un type de vins que par le passé, on
vous a recommandé de garder longtemps ; comme si le temps pouvait leur
apporter le plaisir manquant. Chimère.
Cette idée de la médiocrité n’est pas le profil des 2007 réussis. Leur tendreté
de structure, leur aspect facile, l’éclat de leur fruit, leur présence tannique
enrobée invitent à une consommation jeune. Seules la puissance et la
complexité manquent.
[...]
QUELS PRIX POUR 2007 ?
Voilà la grande question ! Selon les chiffres de l’Union des Grands Crus,
la fréquentation des dégustations primeurs par les professionnels a été
similaire à l’an dernier. D’autres signalent des chiffres plus élevés encore.
Les Américains ont boudé le rendez-vous, les Asiatiques sont venus moins
nombreux qu’espérés.
Je viens de participer à un débat sur France 3 en compagnie de Denis Marsan,
responsable des achats pour la société des alcools du Québec (450 000 caisses
de Bordeaux achetées chaque année). M. Marsan a martelé à l’antenne que
vu la hauteur de l’euro, il fallait une baisse de 30 % pour que l’achat des
2007 reste intéressant. Dans le cas contraire, les 2005, achetés avec une autre
parité, se révèleraient moins chers pour le consommateur final que le 2007.
Anthony Barton, raisonnable (mais le moins riche de tous, dit-il) me racontait
son inquiétude à la sortie d’un déjeuner avec un collègue (il a tu son nom),
qui n’avait aucune intention de baisser les prix.
De façon inattendue, il existe cette année de très bons vins dans le milieu
de gamme. Dans le haut de gamme, les notes semblent proportionnellement
plus basses. Or, l’émulation et l’intérêt pour le millésime sont créés par le
haut de gamme. Comme d’habitude, les prix seront établis selon la hiérarchie
des crus et non pas selon leur valeur gustative intrinsèque. Cela signifie
que même si certains vins sont très bons, les distributeurs ne les achèteront
que s’ils restent dans le prix du marché. De fait, de bonnes affaires sont
réalisables. Par exemple, à notation quasi égale avec le 2005, je ne pense pas
que Fleur Cardinale vendra son 2007 au même prix. Son propriétaire le sait,
le regrette, mais n’y peut rien. Ce n’est que plus tard, deux à trois ans après
la vente en primeur, que le marché pourrait estimer le vin à la hausse. Ce fut
le cas pour le 2002. Donc, autant acheter le 2007 de suite.
La situation économique internationale actuelle (euro fort vis-à-vis du dollar),
ainsi que la réputation moyenne du millésime n’est pas favorable à la vente
des 2007.
Le négoce, à qui les particuliers achètent, paiera les grandes marques au
prix demandé par la propriété, pour ne pas perdre son droit à acheter l’an
prochain. Déjà, ces marchands savent qu’il faudra financer des stocks. Par
conséquent, ils achèteront des quantités minimales et référenceront très
peu de crus. Alors, qui les vendra ? Probablement la grande distribution. Je
m’attends donc à retrouver de très nombreux crus vendus en foire aux vins
à l’automne 2009. » + Lire la suite sur le site de Jean-Marc Quarin
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