Le vin bio n’existe pas
En théorie, le vin bio n’existe pas. En effet, depuis 2005, l’apposition d’un label bio est enfin possible sur les bouteilles de vin, mais uniquement pour la production de raisin et non pour leur transformation. Il lui est obligatoirement accolé la mention ” vin issu de raisins de l’agriculture biologique “.
En pratique, le vin bio est donc un vin fait à base de raisins issus de l’agriculture biologique. Même si rien n’empêche les viticulteurs d’oublier leurs pratiques biologiques le temps de la vinification, il semble peu probable qu’un viticulteur détruise le fruit de sa culture bio une fois le raisin vendangé.
Pour vendanger des raisins sains, le vigneron doit utiliser des méthodes de viticulture dans le respect de l’environnement, dans le respect des sols et de la plante. Il n’utilise pas de désherbants chimiques, les vignes sont dites enherbées, afin de favoriser la vie des sols et le développement des micro-organismes bénéfiques pour les sols donc pour la vigne. Les sols sont labourés pour encourager l’oxygénation de la terre et l’enrichissement du terroir. Les engrais chimiques sont également oubliés car en culture bio les hauts rendements et la productivité est la dernière des ambitions de ces vignerons. Ils se revendiquent souvent comme des non-interventionnistes au niveau de la vigne afin de laisser au maximum cette dernière donner toute la quintessence des minéraux et des oligo-éléments jusque dans le fruit. On oublie également toute forme de pesticides au profit de traitements naturels (compost et matière organique).
Biodynamie
La biodynamie est une branche de l’agriculture biologique: la terre est vue comme un ensemble vivant et le viticulteur s’efforce de favoriser la vie des sols qui en retour lui donneront de beaux raisins. Elle réintroduit également la connaissance des rythmes cosmiques essentiels pour la régénération du sol, le travail de la terre et les soins apportés à la vigne tout au long de l’année. La biodynamie respecte les cycles de vie de la plante en prenant en compte les éléments cosmiques comme la position des planètes du système solaire et surtout l’influence de la Lune sur le cycle végétatif et le développement de la plante. Ainsi les traitements naturels (bouillies de prêles et purins d’orties) sont dynamisés dans l’eau puis administrés à des périodes bien précises du cycle végétatif pour plus d’efficacité. Le nombre de domaines en biodynamie est extrêmement faible, par contre, la qualité est souvent en rendez-vous. Un exemple connu est le domaine La Coulée de Serrant converti à la biodynamie par Nicolas Joly au milieu des années 80.
Et les vins naturels ?
Une fois les raisins bio vendangés, la vinification peut commencer. Un vin naturel est un jus de raisin fermenté et vinifié le plus naturellement possible. On laisse travailler les levures présentes naturellement dans le raisin (levures indigènes) plutôt que l’utilisation systématique de levures sélectionnées sur catalogue (levures exogènes). La vinification est le moins interventionniste possible. L’utilisation du soufre (sulfites) est réduite au strict minimum (pas ou très peu) selon l’appréciation du vigneron. Le soufre joue un rôle de conservateur et d’antioxydant mais il risque de dénaturer le goût originel du cépage sur un terroir donné. Il est également responsable du célèbre « mal de crâne », surtout pour les vins blancs, car plus sulfités que les vins rouges (les tannins des vins rouges ont un rôle d’antioxydant naturel). Les vins naturels sont donc sulfités dans des proportions infimes. L’utilisation du soufre intervient ainsi uniquement lorsque cela est nécessaire, très rarement pendant la vinification, plus souvent à la mise en bouteille.
Quelques bouteilles à découvrir…
Champagne Jacques Selosse Version Originale
On s’en bat les couilles (vin de Bagnole)
Le Raisin et l’Ange de Gille Azzoni
Un salon…
Le Salon des vins naturels, de qualité et de terroir à Olne (Belgique), les 17, 18 et 19 Avril 2009.
Trouver les vins sur internet…
Le site Vin Bio Naturel propose une sélection très séduisante, de plus, le tout est géré par des passionnés (dont nous nous sommes inspiré pour la rédaction de cet article).


Jeudi, 14 août 2008 - 15:12
EXCELLENT SUJET!!
Parce que le paysage viticole est en crise, parce que l’agroalimentaire file un mauvais coton tissé par les plus gros, les petits ont du mal à se faire entendre.Quelques voix parfois se font entendre. Celle de Michel Issaly…
Extra militant Président depuis Avril 2008 du syndicat VIF (Vignerons Indépendants de France)
NB : Tentez vite sa “QVY” Zérosix, une véritable perle en matière de vin vivant!!:
Michel navigue entre son petit monde de 5 hectares de vignes et l’univers impitoyable du grand syndicalisme. Une fois par semaine, il monte à la capitale pour changer de casquette puis il s’en retourne à Gaillac pour ne pas perdre la tête qui est en dessous. Mais là, ça ne tourne pas bien rond. Les vignes s’arrachent, les caves ferment, les types plient. Alors le ton monte et l’accent Issaly se fait pointu.
(je cite):
“Ce n’est pas dans les fibres du vigneron de composer. Dans ma cave, je ne mens pas, sinon je ne vends pas.”
Pas d’ENA, pas de FNSEA, pas de modelage, brut de décoffrage. Dans les couloirs des ministères, ça n’est pas toujours bienvenu.
Regroupant 38 000 exploitations, 53% de la viticulture, les VIF portent le flambeau du vigneron artisan et ils ont probablement un rôle à jouer dans un monde viticole en pleine mutation. La viticulture avait jusqu’ici échappé à la certification d’entreprise, mais elle menace.
“La certification ne valide pas le terroir. On va nous dire demain que l’Appellation se fait avec tel et tel outil. D’une obligation de résultat, on passe à une obligation de moyens. Tous les vignerons ne pourront pas s’y plier et le risque est grand de normaliser.”
AOC… Ce dernier bastion de la qualité des vins est en danger. Parce que les vignerons ont oublié les devoirs pour en abuser des droits, le système a besoin d’un sérieux ravalement.
VDT… Beaucoup des vignerons qui attachent de l’importance au vivant (biodynamie et culture biologique) s’auto-déclassent désormais dans cette catégorie parce que la majorité ne comprend plus leur intégrité.
Je suis très attachée à la nouvelle génération de vignerons qui ne prétend pas inventer mais régénère le vignoble et lui promet des lendemains qui chantent.
Souvent, ils cultivent leurs hectares comme un jardin, comme des “amoureux”, fouinant les vieux livres d’avant l’agriculture intensive, cheminant dans un bon sens à eux, trouvant leur équilibre.
On cours après les maladies au lieu de s’occuper de la vigne.
Les vins gardent la “gnaque” et ces vignerons n’en perdent pas une miette. Dans leur chai de poupée, ils les traitent en porcelaine, y touchent à peine et esquivent l’extraction, les filtrations, les levures, le SO2. Ils démaquisent un vignoble qui s’est oublié dans la facilité et confondu dans le mensonge.
De la dentelle au soleil… Quand les écoles continuent de fabriquer de petits chimistes et des sommeliers formatés, ceux-là réinventent leur métier.
Jeudi, 14 août 2008 - 15:20
Vous trouverez une belle brochette de vins naturels à Bruxelles à la Boite des Pinards, à Liège, à la Cave des Oblats, ou à Wavre chez Vinolubile, resto hautement conseillé !!!
Jeudi, 14 août 2008 - 16:04
Voici un extrait d’un message de Nathcroft que j’avais envie de partager: “Je suis très très fan des vins natures (culture biologique ou biodynamique) je me suis spécialisée petit à petit, en visitant les principaux férus et défenseurs de la nature et du vivant. Cela m’a dévoilé des hommes bons. Les plus mûrs ont creusés un sillon alternatif au progrès productiviste. Les plus jeunes défrichent un terrain stérilisé par des décennies de chimie. Il n’y en a pas un sur cent, mais il se démultiplient. En marge d’une viticulture qui berce le consommateur sous une façade bucolique, ils disent ce qu’ils font et font ce qu’il disent. En face d’une politique qui les veut plus gros et plus contôlables, ils se font petits et autonomes. En conflit avec les banques qui ne misent pas un euro sur l’engagement écologique, ils bataillent constamment.
S’il faut leur attribuer une religion, c’est celle du dehors. Si on les cherche, c’est là qu’on les trouvera. Ils vendangent manuellement quand le coût de la main d’oeuvre a fait plier l’immense majorité. Ils labourent et piochent quand la France s’affiche premier consommateur de pesticides. Ils balancent des hectolitres à l’égoût plutôt que de se noyer dans la pharmacopée oenologique.
Mais ils sont heureux, car passionnés. Un pas dans leur univers et vous ne boirez plus jamais de vin comme avant. Il faut parfois le faire de côté, prendre les chemins de traverse, lâcher les belles appellations aux vins dormants, oublier les repères qui vous ont été inculqués, fuir les autoroutes sécurisées, esquiver les vignes bétonnées, se perdre pour se retrouver.
La question que j’entends souvent : “Combien de temps cela peut-il vieillir?”
A quoi je réponds, le sourire aux lèvres : “Aussi longtemps que vous resisterez à l’envie de l’ouvrir.”
Je suis sommelière/caviste et ma dynamique se tourne vers ces vignerons indépendants que j’admire pour leur travail, quand à leur philosophie, elle est mienne depuis toujours!
Je posterais aussi souvent que je le peux les références et coordonnées de ces vins natures, je fuirais simplement le discours scolaire et averti des dégustations, car selon moi, chacun doit comprendre le vin à sa propre façon, les guides théoriques sont à bannir pour ce type de vins et puis les grands oratoires ornés de mots savants m’énerve. Seules le nez et les papilles peuvent détricoter l’esprit du vin!”
Ce message nous a donné envie d’en apprendre d’avantage et de mettre quelques uns des vins recommandés par Nathacroft en avant dans notre dernière newsletter…
Vendredi, 15 août 2008 - 22:23
Pas loin du vin de bagnole, on trouve chaque année le salon des “Vins du coin” (autour de Blois au début du mois de décembre - l’année dernière, c’était à Thésée) avec notamment le Clos du Tue-Boeuf des frères Puzelat (http://www.puzelat.com/), le domaine des Maisons brulées du couple Augé (http://www.lesvinsnaturels.org/article.php3?id_article=61) et le vin de bagnole aussi. Bref, il y en a plein !
Des vins à découvrir qui ne laissent pas indifférents.
Samedi, 16 août 2008 - 13:12
Très bon sujet.Votre billet est assez juste. Une discussion éternellement ouverte . fatiguante souvent. Le Bio, le naturel, Utopie avec un grand U. Seule l’alternative sans prétention peu etre méritante si elle est réelle.Encore faut-il, pour l’agriculteur passionné, en avoir les moyens ..
Lundi, 1 septembre 2008 - 13:28
De façon plus ou moins consciente, lorsque j’ai fait ma sélection de vins pour l’ouverture de mon bar à vins, j’ai toujours eu tendance à favoriser les vignerons bios, ne fusse-t-il agi que de la culture de la vigne. Finalement, ça me semble important, même si on ne peut se cantonner à cela. Ce ne peut être un critère exclusif à mon avis.